Coupable.
Coupable.
Coupable.
Coupable d’avoir lâché prise ces derniers jours, loin de ma maison-prison-cocon.
La voix de la culpabilité s’est immiscée en moi hier soir. D’abord en murmures, puis jusqu’aux hurlements.
« Tu as tellement mangé, tu es écœurante ! »
« Tu as lâché prise, tu as été faible, et maintenant il va falloir des jours pour rattraper cette facilité dans laquelle tu t’es complue. »
« Pèse-toi. Prends la mesure de ta faiblesse. Sois courageuse. »
Qui est cette voix qui me juge si durement ? D’où vient-elle ? Que veut-elle de moi ?
Je n’ai pas l’impression que ce soit la maladie qui me parle. C’est bien moi. Mon propre jugement. Pas celui des autres, pas des regards ou des mots que j’aurais perçus. C’est ma peur qui hurle, croyant me protéger.
Parce que si j’accepte ces derniers jours, alors je m’autorise à laisser glisser le contrôle, tout doucement, et je prends le risque de perdre pied complètement.
J’ai lâché prise. J’ai vécu… mais trop.
J’ai participé à la fête, souri, respiré, aimé, échangé. Et comme cela ne m’était pas arrivé depuis si longtemps, j’ai craint que tout cela cesse trop vite.
Je crois que j’ai eu besoin d’emmagasiner du bonheur et de la chaleur bien plus que de la nourriture.
Aujourd’hui, mon corps est fatigué de ces excès. Il a besoin de souffler.
Lui ne m’en veut pas. Il a pu bouger, courir sans danger.
Mais moi, je sais que c’est allé trop loin et que je dois reprendre la main.
L’une de mes résolutions pour 2026 est d’essayer d’arrêter de me parler comme à une ennemie.
Que dirais-je à une amie si elle me confiait :
« Je suis partie quatre jours, j’étais anxieuse, j’ai mangé aux repas, j’ai essayé de tenir… puis j’ai lâché prise. Maintenant je me sens coupable. J’ai envie de me punir, de me peser, de me restreindre. »
Je serais douce avec elle.
Cartésienne.
Bienveillante.
Rassurante.
Pourquoi est-ce si difficile de me dire ces mêmes mots à moi-même ?
Je reste paralysée par cette peur : perdre définitivement le contrôle, ne plus jamais réussir à revenir en arrière.
Aujourd’hui, je fais le choix d’essayer de me pardonner.
De me dire : « J’ai fait du mieux que je pouvais à ce moment-là. »
Ma culpabilité ne réparera rien.
Mais le pardon, lui, ouvre un chemin.
Un chemin que, peut-être, je choisirai d’emprunter quand la peur se tapira un peu plus loin.

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