Ce matin, mon corps était en forme, vivant. Il m’a montré ce qu’il pouvait refaire quand il était nourri. J’ai couru, couru… Je me suis sentie forte, rapide, heureuse.
C’était un moment de grâce. Une preuve que nourrir mon corps me rendait plus forte, pas plus faible.
Et puis. La balance. +1kg. Et tout s’effondre.
Et puis. Une remarque qui n’aurait pas dû exister, qui n’avait pas lieu d’être, qui ne voulait pas blesser mais m’a touchée en plein cœur.
Je crois que me sentir vivante, vivre ce bonheur ce matin m’a fait peur. Parce que finalement c’est terrifiant. Cela veut dire qu’il faudrait continuer à prendre soin de mon corps, continuer à le nourrir correctement.
Alors j’ai cherché une raison de revenir en arrière. Et je l’ai trouvée : +1kg sur la balance.
Et j’ai compensé. Calcul précis = contrôle repris.
La maladie a repris le pouvoir.
Pourtant : le chiffre sur la balance ne disait rien de ce que j’avais vécu ce matin. Il ne disait rien de ma valeur, ma beauté ou ma force. Il ne disait rien de ce que je mérite ou ne mérite pas.
Demain peut être différent. Je peux choisir de me souvenir de ce moment de grâce, de ne pas associer ma valeur à un chiffre qui ne dit rien.
La voix de la maladie crie fort mais faut-il que j’en attende le silence pour avancer ? Pour faire le premier pas ? Ce doit être cela le courage : avancer malgré la peur au ventre. Faire un tout petit pas tous les jours. Pas un petit pas pour « réussir » ou « guérir », un petit pas qui dira à la maladie « je t’entends mais je ne t’écoute pas complètement ».

Laisser un commentaire