“Le chemin, c’est le milieu. Et le milieu fait peur parce qu’il est inconnu. Mais c’est là qu’il faut aller.”
Ce soir, c’est le réveillon de Noël. Hier, Et je suis pétrifiée.
Pas par la fête. Pas par les cadeaux ou les conversations. Par l’assiette. Par ce qu’elle contient et ce qu’elle représente. Par la terreur du basculement.
J’ai très peur de manger trop, très peur de grossir, très peur que ce soit le début d’un reversement vers la boulimie, vers la perte totale de contrôle. Comme si entre la restriction et l’excès, il n’y avait rien possible. Comme si j’étais sur un fil, et qu’un pas de travers me ferait tomber de l’autre côté.
Cette peur, je sais que je ne suis pas seule à la porter. Alors j’écris ces mots autant pour moi que pour vous, si vous vous reconnaissez dans cette angoisse.
Nous savons pourtant, au fond de nous, démêler cette peur.
Un repas n’est pas un basculement. Manger ce soir, même si c’est manger plus que d’habitude avec l’impression que c’est “trop”, ce n’est pas le début de la boulimie. C’est un repas. Un seul. Dans un contexte particulier, avec de l’anxiété, avec des attentes.
La boulimie, ce serait une répétition, une perte de contrôle qui s’installe dans la durée. Ce n’est pas un repas de fête qui va déclencher ça.
La restriction crée la faim. Plus on se prive, plus le corps et l’esprit ont envie de “rattraper” lors d’occasions comme celle-ci. Ce n’est pas un trouble, c’est une réaction normale à la privation. Le corps qui essaie de reprendre ce qui lui manque, qui sent qu’il y a une opportunité.
Grossir n’est pas perdre le contrôle. Alors peut-être que ce qui fait le plus peur, ce n’est pas “trop manger” ce soir, mais accepter que le corps ait besoin de plus, en général.
Le chemin, c’est le milieu
Voilà ce qu’on m’a dit, et ces mots m’ont apaisée : la restriction extrême est aussi un trouble. On n’est pas “safe” là où on est. On est déjà dans le trouble. Alors la peur de basculer “de l’autre côté”, c’est peut-être aussi une façon de se convaincre que là où on est, c’est mieux, c’est contrôlé, c’est sûr.
Mais ce n’est pas vrai. On se perd des deux côtés.
Le chemin, c’est le milieu. Et le milieu, ça fait peur parce que c’est inconnu. Il n’y a pas de règles strictes, pas de chiffres rassurants, pas de contrôle absolu. C’est flou, c’est mouvant, c’est vivant.
Mais c’est là qu’il faut aller. Pas dans la restriction. Pas dans l’excès. Au milieu. Là où le corps et l’esprit peuvent enfin respirer ensemble.
Ce soir, je vais essayer. Pas d’être parfaite. Pas de tout réussir. Juste d’être là, de traverser, de faire un pas vers ce milieu qui me terrifie.
Et si vous lisez ces lignes parce que vous aussi vous avez peur ce -soir, sachez que vous n’êtes pas seul-e. Nous sommes plusieurs à porter cette angoisse, plusieurs à chercher le chemin du milieu.
Nous pouvons y arriver. Pas ce soir peut-être. Pas parfaitement. Mais un pas à la fois.
Prenez soin de vous. Du mieux que vous pouvez. 💕

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