« Votre corps sait des choses que votre esprit ignore. » Bessel van der Kolk
Le corps et l’esprit ne font qu’un et la maladie n’a qu’une « f(a)in(m) » : rompre ce lien pour que lorsqu’un l’un crie, l’autre ne l’entende pas.
Et quand on oublie que l’on ne possède pas son corps, qu’il n’est pas notre objet, on se perd soi-même.
Je ne crois pas que mon corps et moi ayons été déjà durablement en paix. Tout comme je n’aime pas celle que je suis, je ne parviens pas à prendre soin de lui, à faire équipe. J’aurais été toute ma vie tour à tour neutre envers lui ou en conflit.
Même aujourd’hui alors que la balance devrait me satisfaire, je ne le regarde pas comme un allié enfin retrouvé. Tour à tour, je scrute ses défauts ou je m’interdis de penser à lui. Parce que la vraie guerre n’est pas contre les kilos mais contre moi-même.
Et pourtant nous sommes indissociables, pour aimer l’un, il faut aimer l’autre. Comment aimer celui qui nous porte quand on ne s’aime pas soi même ?
Enfant, j’ai connu la faim et le manque de soins. Assez pour qu’on me retire de là. Mon corps se souvient et je reproduis à l’infini cela. Pour me prouver que je peux maitriser ce pouvoir qu’on a eu sur moi ? Parce que j’estime ne toujours pas mériter d’être apaisée ?
Là est le cheminement à accomplir, réapprendre à faire équipe, main dans la main. Voir que ce corps est là, vivant, qu’il respire, qu’il fait toujours du mieux qu’il peut même dans les moments creux. Qu’il ne m’a jamais trahie, qu’il continue de me porter, de m’attendre comme il m’a toujours attendue.

Laisser un commentaire